Véronique Besse – Apprentissage : « ce n’est que la partie émergée de l’Iceberg »

Les chiffres sont sans appel. C’est évident, le gouvernement n’atteindra pas ses objectifs en 2015.

Alors que François Hollande avait promis d’arriver à l’objectif de 500 000 apprentis cette année, le nombre plafonne à 400 000. Pire, rien que sur le premier trimestre, on enregistre une baisse de 15% de signatures de contrats d’apprentissages.

Les effets d’annonce du gouvernement socialiste n’auront servi à rien : ni l’aide de 1000 euros proposée aux entreprises par apprenti embauché, ni le paiement, par l’Etat, de la première année d’apprentissage.

Mais qu’à cela ne tienne. Le  Premier ministre va lancer, sous peu, une nouvelle opération de communication, pour encourager les entreprises à recevoir des apprentis.

Objectif louable, certes. Mais tellement éloigné des préoccupations des entreprises. Si une TPE ne peut embaucher un apprenti, c’est avant tout parce que ses carnets de commande sont vides. Si une PME recule devant une telle embauche, c’est qu’elle n’en a pas les moyens. C’est encore plus inquiétant car le plus souvent, il n’y même pas de travail à lui donner… Avec des activités réduites, effectifs réduits ! Alors comment prendre le temps de former un jeune quand il n’y a personne pour lui apprendre le métier ?

En réalité, l’apprentissage n’est que la partie émergée de l’Iceberg. La partie immergée, c’est celle de nos entreprises qui ont du mal à garder la tête hors de l’eau, quand elles n’ont pas fermé.