Tout va bien, nous coulons moins vite (Contribuables Associés)

L’article qui suit a été  publié le 9 juillet 2010. À l’époque, Bercy se félicitait que le déficit budgétaire constaté fût inférieur au déficit budgétaire prévu. Ce scénario s’est reproduit cette semaine, avec des chiffres de l’Insee (4% de déficit rapporté au PIB en 2014) sensiblement moins mauvais que ceux prévus par Bercy (-4,4%). Mais un déficit reste un déficit, et la dette accumulée a dépassé 2000 milliards d’euros en 2014, pour atteindre 95 % du PIB. L’autosatisfaction du gouvernement est donc déplacée.

Que dit-on de la situation d’un État déficitaire à hauteur de 67,9 milliards d’euros au 31 mai de l’année (avec, donc, encore sept mois de déficit à venir) ? On dit qu’elle… s’améliore.

Que dit-on de la situation d’un État déficitaire à hauteur de 67,9 milliards d’euros au 31 mai de l’année (avec, donc, encore sept mois de déficit à venir) ? On dit qu’elle…s’améliore.

Pensez : l’an dernier, à la même époque, le déficit budgétaire de l’État était de 82,1 milliards d’euros. Il est « seulement » de 67, 9 milliards d’euros cette année, avec une « amélioration », donc, de 14,2 milliards d’euros en un an.

Présentée de cette façon, on pourrait croire que la situation s’est réellement améliorée, voire, si l’on lit distraitement, que l’on est en situation d’excédent budgétaire.

En réalité, la France a continué de s’endetter, et ce nouveau déficit s’est ajouté aux précédents (soit, chaque exercice budgétaire depuis 1974).

Décrire le nouveau déficit comme une amélioration reviendrait à dire, de la part du commandant de bord d’un avion : « Certes, nous continuons à piquer vers le sol, mais rassurez-vous, notre vitesse de chute s’est ralentie ! »

D’autres, plus marins, compareront le bâtiment de Bercy au Titanic, et les ministres qui s’y agitent en ce moment aux musiciens de l’orchestre du fameux paquebot qui, dit-on, continuèrent à jouer pendant le naufrage…