Et l'affaire semble bien engagée. Leader du non lors du référendum sur le traité de Lisbonne organisé dans son pays, Ganley ambitionne de fédérer des listes souverainistes aux européennes dans les 27 États membres. Et Villiers, qui est son « correspondant » en France, lui a présenté mercredi soir Nihous et Saint-Josse lors d'un dîner organisé dans un restaurant de Bruxelles.
Le riche entrepreneur irlandais a manifestement séduit les chasseurs. «Ganley est quelqu'un de remarquable, assure Nihous. Le courant est bien passé. On s'est retrouvés comme des vieux militants de cette autre Europe qu'on défend chacun dans notre pays », se réjouit le président de CPNT. Saint-Josse, réserve au début du dîner, s'est détendu peu à peu. Ganley s'est en effet engagé à respecter la liberté d'appréciation des partis rangés sous la bannière de Libertas sur les questions relevant de la politique intérieure de leur pays.
Le comité directeur de CPNT se prononcera le 28 février sur l'accord électoral en négociation avec Villiers et Ganley. Le parti de l'élu vendéen, le Mouvement pour la France, fera de même le 7 mars. « Les chances d'aboutir à un accord sont plus que sérieuses », affirme Villiers. Si le mariage est conclu, les deux partis présenteront des listes communes dans les huit circonscriptions interrégionales aux européennes du 7 juin.
Réseau de fidèles
Le mouvement des chasseurs, aujourd'hui très affaibli, conserve un réseau de fidèles et espère se refaire à l'occasion des européennes, élection défouloir par excellence. Nihous, candidat à l'Elysée en 2007 et qui avait fait campagne sur le thème de « la défense de la ruralité », avait recueilli 420 DOO voix, soit 1,15%. Le truculent Saint-Josse, qui avait brigué l'Elysée en 2002, avait obtenu I 200 000 suffrages, soit 4,23 %.
Declan Ganley a par ailleurs confirmé la nomination de Jérôme Rivière, ancien député UMP desAlpes-Maritimes et proche de Philippe de Villiers, comme directeur de la campagne de Libertas en France. L'avenir n'est pas pour autant sans embûche. Le bureau du Parlement européen a décidé hier de surssoir à sa décision d'octroyer à Libertas le statut de parti européen, qui donne droit a une subvention de plus de 200 000 euros, et examine si les conditions juridiques à remplir sont reunies. Les négociations entre Villiers et les chasseurs suggèrent en tout cas que l'ancien candidat à l'Elysée, mélancolique ces derniers mois, a surmonté sa lassitude envers la politique nationale «Jusqu'ici, Villiers s'intéressait surtout au Vendée Globe, résume un de ses lieutenants. Désormais, il a franchi le cap Horn »

Européennes. Le Mouvement pour la France et CPNT pourraient présenter des listes communes en Juin.












