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Le Président tchèque soutient la position de Libertas

Le Président de la République Tchèque, Vaclav Klaus, a prévenu que la tendance au "supranationalisme" en Europe entraîne la fin de la liberté et de la démocratie.

 Mr Klaus, un fervent critique de l'Union Européenne, a déclaré également hier soir qu'il n'était pas "content" de ce qu'il décrit comme des tentatives de l'Europe de "faire oublier le referendum irlandais et d'en changer le résultat".

Le Président tchèque s'est exprimé lors d'une conférence de presse à Dublin avec Declan Ganley, le fondateur du groupe anti-traité de Lisbonne, Libertas. Cette conférence a eu lieu avant le dîner privé donné en l'honneur de M. Klaus à l'hôtel Shelbourne, organisé par M. Ganley, ce qui a été à l'origine d'une controverse dans les cercles diplomatiques.

Selon les sources gouvernementales, le département des affaires étrangères - qui n'a exprimé aucune désapprobation officielle - a manifesté sa surprise aux fonctionnaires tchèques qui sont au service de la campagne privée de M. Klaus, suggérant que le protocole n'a pas été observé.

Néanmoins M. Klaus, hier soir, a nié le fait que le protocole ait été contrevenu et a affirmé que pendant les deux premiers jours de la visite - durant laquelle il a rencontré Le Premier Ministre Brian Cowen et la Présidente Mary McAleese - "personne n'a évoqué l'événement de ce soir. Ce sont les médias qui en ont fait un problème".

Il a assuré qu'en tant que Président de son pays, il n'a pas été question de son adhésion à Libertas. Cependant, il a ajouté : "Si M. Ganley gagne les élections européennes, je serai le premier à le féliciter".

Un porte-parole de Libertas a dit hier soir qu'ils étaient en discussions avec le parti eurosceptique français, le Mouvement Pour la France (MPF), pour son adhésion au parti paneuropéen Libertas. Deux députés au Parlement européen élus du MPF étaient présents hier soir, dont Philippe de Villiers.

Environ 80 personnes ont assisté à ce dîner, qui s’est tenu sans présence de journaliste. On comptait parmi les invités Hans-Peter Martin, député autrichien au Parlement européen, Kathy Sinnott, députée independante de Munster (Irlande) au Parlement européen, l'ancienne députée Patricia McKenna du Parti des Verts, Anthony Coughla de The National Platform, le chroniqueur Bruce Arnold et Caroline Simons, porte-parole de Libertas.  

M. Klaus, dont l'Etat prend la présidence de l'Union européenne le mois prochain, a déclaré aux journalistes que les développements de l'Europe ces dernières années n'ont pas été favorables à la démocratie.

"Il y a eu une transformation radicale de l'intégration à l'unification, du système intergouvernemental au supranationalisme. La Constitution européenne, désormais appelée Traité de Lisbonne, sert à accélérer cette mutation", a-t-il dit.

"Je crains que la liberté et la démocratie ne soient pas renforcées par la ratification du Traité de Lisbonne. Au contraire. Sur ce point nous partageons le même point de vue avec M. Ganley et Libertas".

Billy Timmins, le porte-parole des affaires étrangère de  Fine Gael, a dit que le Ministère des Affaires Etrangères devait déposer une plainte officielle avec son homologue tchèque contre "le comportement inapproprié de M. Klaus qui montre clairement sa sympathie pour des groupes ou des individus opposés à la politique du gouvernement irlandais".  

Paru dans  The Irish  Times, le 12 novembre 2008 (traduction)



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