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Philippe de Villiers mise sur les européennes pour rebondir.

L’ancien candidat à l’Élysée veut croire à une lassitude des électeurs UMP à l’égard de Nicolas Sarkozy.

On ne l'entend plus guère, et pourtant il est toujours là, retranché dans le bocage vendéen. À 59 ans, Philippe de Villiers n’a pas perdu espoir de compter dans le débat politique national et de tourner la page de son échec à la présidentielle de 2007, où il avait obtenu 2,23 %. L’homme est devenu plus grave et moins joueur. « Je n’ai plus d’ego, assuret-il d’une voix calme. J’ai fait le tour de beaucoup de choses. »

En route, donc, pour les européennes de juin 2009, puisqu’il faut ménager l’avenir. Villiers se prépare à présenter des listes avec le soutien de Declan Ganley, le riche entrepreneur irlandais qui fut le leader du non lors du référendum sur le traité de Lisbonne organisé en juin dans son pays. Presque par devoir.

Un pied dans la majorité présidentielle, un pied en dehors : Villiers est-il l’opposant de sa majesté, condamné à jouer les supplétifs de Nicolas Sarkozy sans peser sur ses choix, comme l’affirment JeanMarie Le Pen et Nicolas DupontAignan ? Le président du conseil général de Vendée – il a été réélu dans un fauteuil en mars dernier – ne s’agace plus de cette accusation. « Je ne transige pas sur mes idées, répond-il d’une voix un peu lasse. La tentation permanente de Nicolas Sarkozy, c’est de verser à gauche. À cet égard, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. »

Mais le président du Mouvement pour la France – son petit parti, qui compte sept parlementaires – est conscient de rester vulnérable en cas de mesures de rétorsion de Sarkozy, et se garde de l’attaquer de front. « Mes relations avec le président sont amicales, assure-t-il. Ça n’empêche pas les divergences sur des questions essentielles. » Le créateur du Puy-du-Fou voit ainsi dans la suppression un moment envisagée des cantons et dans la libéralisation tentée du travail dominical « la volonté de faire disparaître les rares attachements vitaux et repères ancestraux qui restent encore aux Français » au nom d’une « idéologie de nomades ».

Le chef de l’État a convié Villiers à déjeuner à l’Élysée avant les fêtes. Songe-t-il à lui proposer le ministère de la Défense en cas de grand remaniement pour envoyer un signal à l’aile droite de l’électorat UMP, irrité par l’ouverture à gauche ? « Je ne serai jamais un politicien soumis. Je n’ai pas envie de faire quelque chose qui ne m’intéresse pas » , répond Villiers, qui prévient : « Si j’étais membre du gouvernement, lors des conseils des ministres, j’interviendrais sur toutes les questions importantes, qu’elles soient de mon ressort ou non. »

Décrocher la timbale

De temps en temps, le Vendéen se départit de sa prudence à l’égard de l’Élysée. L’été dernier, dans une allusion transparente à Sarkozy, il soulignait que la libération d’Ingrid Betancourt était due « au courage, au sens de l’honneur et à la détermination » du président de la Colombie, Alvaro Uribe, et non aux « compromissions » qui ont « pitoyablement échoué ». Et, peu après, il s’indignait qu’aucun ministre français ne se soit rendu, comme il l’a fait, aux obsèques d’Alexandre Soljenitsyne. Le créateur du Puy-du-Fou se sent malgré tout étranger à une époque où, selon lui, « il n’y a plus de politique, il n’y a que du médiatique. Les gens jugent d’après les apparences et pensent : “Sarkozy ne va pas tout réussir, mais quand même, qu’est-ce qu’il se démène ! » L’espoir reste pourtant le plus fort. Le créateur du Puy-du-Fou finit par secouer sa lassitude. Il affûte ses arguments pour la campagne des européennes. Et se prend à rêver de décrocher enfin la timbale. 

 



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