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La course à l’Europe de Villiers

MPF. Le leader souverainiste mise sur les européennes pour se relancer. CHRISTOPHE FORCARI

Philippe de Villiers est à fond dans la course. Celle des navigateurs solitaires du Vendée Globe, pas les européennes. Le président du conseil général de Vendée a suivi, heure par heure, le sauvetage de Jean Le Cam, dont le navire s’était retourné, par Vincent Riou en direct du PC course installé au pied de la tour Montparnasse. Le président du Mouvement pour la France (MPF) a l’esprit au large, loin des préoccupations hexagonales. Depuis l’université d’été de son parti en septembre où il avait accueilli Declan Ganley, le leader irlandais du non au traité de Lisbonne, Philippe de Villiers affiche désormais une discrétion peu coutumière.

«Soufflé». Plus question pour lui de commenter à coup de petites phrases assassines la politique hexagonale. «Plutôt que de taper mollement pendant longtemps, mieux vaut taper durement pendant un temps plus court», assure Villiers, plus serein. Le MPF devrait donc annoncer ses têtes de listes pour les huit circonscriptions européennes fin février pour entrer véritablement en campagne fin mars. «Comme nous nous sommes adossés au mouvement Libertas, présent dans beaucoup de pays d’Europe, nous allons tous partir en même temps pour avoir une dynamique en termes d’organisation et de communication», précise Patrick Louis, député européen et numéro 2 du MPF. Le président du conseil général de Vendée, de plus en plus recentré sur la gestion de son département, considère que «partir en campagne maintenant, alors que le soufflé de la présidence française de l’Union européenne n’est pas retombé, serait maladroit».

«Il n’y a pas de baisse de tonus au sein du MPF», assure un des cadres du parti pour tenter de minimiser l’impression de démobilisation de leur leader. Après le piètre score de Villiers à la présidentielle (2,23 %), le MPF mise sur cette échéance et une relative désaffection à l’égard de la politique gouvernementale pour se refaire une santé. Un bon score qui éventuellement pourrait amener Villiers à décrocher un maroquin ministériel dans le cadre d’une ouverture à droite ? Et qui expliquerait son relatif silence ? Ses détracteurs soulignent d’ailleurs que le leader souverainiste a rencontré le Président à l’occasion d’un déjeuner en novembre.

Chavirage. Aujourd’hui, Villiers ne se dit plus intéressé par un quelconque ministère. «Franchement, cela aura été plus facile pour Vincent Riou de faire monter Jean Le Cam à bord de son bateau que cela ne le sera pour Nicolas Sarkozy de faire embarquer avec lui Philippe de Villiers», sourit-il, détendu après l’issue heureuse du chavirage de Le Cam. En tout cas, il ne se montre pas pressé d’affronter le gros temps d’une campagne électorale.



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